Collectif COMET

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PRESSE - Les voisins en Bref

09-03-2016

PRESSE - Les voisins en Bref

Actuellement dans les kiosques, la revue du court-métrage Bref (n° 118) revient sur Les voisins de Benjamin Hameury après le passage du film dans le festival Entrevues Belfort en décembre dernier.

 

 

Article

 

Un dangereux individu s'est échappé d'une prison voisine ; la nouvelle se répand et une communauté organise la défense de son territoire. Nous voilà a priori lancés sur les rails du western ou, référence encore plus évidente, du cinéma de John Carpenter. Sur ce terreau fertilise un film à la fois farfelu, inquiétant et émouvant, qui développe ses enjeux en milieu pavillonnaire, avec des comédiens non-professionnels d'un âge respectable dont la maladresse et la fragilité sont accueillies avec tendresse et drôlerie. Cette générosité est largement rendue au film tant ces personnes du troisième âge adhèrent à la fiction, s'activant – dans leur quête et pour le film – jusqu'à l'essoufflement avec une joyeuse innocence enfantine.

 

Entre intérieurs sans qualités et extérieurs hésitant entre végétal et minéral (le crépi, le bitume), à coups de zooms et de recadrages flottants, la mise en scène associée à un travail sonore précis poursuit l'idée de surveillance, de surgissement possible de la cause de la peur. Les voisins se fonde sur une inquiétante étrangeté – les attitudes, les situations – prenant place dans le prosaïsme quotidien estival du lotissement. la peur se matérialise par le biais du fantasme, une irrationalité incarnée par cette troublante silhouette vêtue de noir qui pénètre autant les consciences que ce territoire concret défendu avec abnégation.

 

Benjamin Hameury fait apparaître tous les signaux pour dessiner les contours d'une idéologie pavillonnaire fâchée avec l'idée d'altérité. Mais dans ce lotissement, où l'existence d'une communauté remplace l'habituelle logique d'atomisation, l'allégorie ne reste pas univoque ; cet autre qui rôde personnifie la mort, et, face à elle, on répond par des peurs paniques, qui disent avec force le désir de vivre.

 


Arnaud Hée
in Bref, n° 118, février-mars 2016