Collectif COMET

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GANG

Sur les plages du nord, un groupe d'amis se dit au revoir. Vingt ans plus tôt, dans un appartement parisien, on repousse le départ.

 

Même si on se cache le visage sous sa couette, même si on mâche très fort ses céréales, on entend quand même les portes qui claquent.

 

Il y a des âges où l'on croit partir trop loin, et il y a ceux qui partent vraiment.

Actualités

BriveAvril 2016 : GANG est sélectionné au 13e Festival du Cinéma de Brive - Rencontres Européennes du Moyen-Métrage en Compétition Européenne.

 

 

 

 

 

 

 

Cote CourtJuin 2016 : GANG est sélectionné au 25e Festival Côté Court de Pantin en Panorama.

 

 

 

 

"Brive : brèches ouvertes" par Hugues Perrot paru en mai 2016 dans Les Cahiers du Cinéma, n° 722

 

Extrait :

 

       « Gang de Camille Polet [...] questionne la possible contamination d'un passé non vécu (celui des années 80 et de sa maladie, le sida) dans un présent (les années 2000) qui laisserait des jeunes exsangues, travaillés par des corps étrangers et anciens. Filmé en VHS, l'aspect fantomatique de l'image - opaque, brouillée, avec un noir dense et habité, laissant parfois des particules mortes dans le cadre comme des étoiles tombées sur terre - participe de cette impression de voir un fantôme vivre sous les images et aspirer la jeunesse de ces corps, qui ne seront bientôt plus que des statues de cire dans un mausolée. »

 

 

 

 

"Brive 2016" par Hugo Paradis paru le 30 avril 2016 dans Independencia

 

Extrait :

 

       « Gang est un film qui fait le choix du format VHS, parce qu’il y est question d’années déjà lointaines, des premières victimes du SIDA et du matériau dégradé de la mémoire du temps passé. Le film est fait de la matière même des images, et ces taches lumineuses qui s’accrochent à l’écran d’une séquence à l’autre disent autant la nature du matériau filmique que les aspérités d’une temporalité un peu chahutée par le montage. Tout ne s’agence pas simplement et c’est tant mieux : c’est ainsi que bat le cœur du film, la nécessité en même temps que l’impossibilité du gang, de cette amitié à trois et qui se voudrait libre et hors du temps, de la sexualité, des contraintes de la filiation et de la différence. S’il y a comme un amour trop exacerbé des signes de l’enfance, des céréales que l’on mange et que l’on s’attache à nommer, en tordant la grammaire (« un céréale »), Gang parvient, grâce à son image sombre et feutrée, à rendre sensible cette intimité confrontée à son délitement progressif. »

 

Lire l'article complet sur www.independenciarevue.net

 

 

 

 

"Brive 2016 : vers le moyen et au-delà ?" par Joseph Boinay paru le 12 avril 2016 dans Accreds

 

Extrait :

 

       « Le cas de Gang de Camille Polet est déjà nettement plus particulier. Les filles et les garçons s’appellent Pierre et traînent leur candeur sur des terrains aussi vagues et affirmés que leur t-shirt. Ils en sont les croquis indifférenciés. Si Gang est aussi un essai sur l’adolescence, s’il est aussi résolument tourné vers la fin des années 80 et le SIDA (impossible de ne pas penser à La Pudeur ou l’Impudeur de Guibert) c’est cette fois-ci dans une démarche infiniment plus expérimentale. Les plans fixes tournés en VHS, le dépouillement, la saleté de l’image : cette idée que tout de l’adolescence à la communauté doit bien mourir un jour a quelque grâce funèbre, notamment ces tableaux nocturnes qui prennent la matière et la teinte ocre des spectres. On est encore dans le regret, celui de la disparition des teen-movies – c’est le projet assumé de ce film financé en crowdfunding – mais c’est un geste à la fois radical et doux, tout entier synthétisé par un dernier morceau évocateur : Funeral Home de Daniel Johnston. »

 

Lire l'article complet sur www.accreds.fr

 

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Avec

PIERRE DESPRATSCHARLOTTE-VICTOIRE LEGRAIN
CAMILLE POLETLEO RICHARD
BENJAMIN HAMEURYADRIEN PETER
JEREMY GAUTIER
ARISTOTE BAKOYENE
ROMAN KANEPASCALE CAEMERBEKE
PHILIPPE POLET
Scénario & RéalisationCamille Polet
ProductionMaxime Roy
ImageJuliette Barrat
SonClément Laforce
Rémi Carreau
Maxime Roy
MontageMarylou Vergez
DécorsAnna Le Mouël
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Assistants mise en scèneJoachim Soudan
Henri Angremy
ScripteFanny Landemaine
Renfort cadreMaxence Lemonnier
Assistante imagePauline Doméjean
PercheMarco Péron
Margaux Robin
Assistante décorsMaud Coué
CostumesJérémy Prudent
RégieAntoine Garnier
Margaux Robin
Fabrizio Polpettini
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Le mausolée des amis

Quand Hervé Guibert écrit À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, ce qui le ronge, on ne sait pas encore vraiment ce que c’est. Ce sera le sida, mais on ne le sait pas encore et tant que ça n’a pas de nom... C’est encore une forme de l’ombre, un mal inconnu qui ronge des corps. Qui les prend, les fait disparaître et les dissout. Il faudrait savoir représenter la dissolution.

 

« Anne veut me photographier, et je ne résiste pas, je ne vérifie même pas mon visage dans le reflet d’une vitre : je me laisse photographier non pas comme quelqu’un qui est encore vivant mais comme quelqu’un qui était encore vivant au moment de la photographie. »

 

Le présent serait déjà un souvenir. Dans notre tête, les photos en noir et blanc sont l’apanage d’un bonheur immense car inconnu, même si avant et après le déclic, les photographiés ne l’étaient pas, heureux. Les photographies sont un bonheur ancien, auquel nous n’avons pas participé, une pure construction. Une image, un sentiment que nous n’avons pas connu mais que le soir, dans notre lit, nous imaginons. Regarde comme ils étaient vivants, là, sur ce petit bout de papier. Puis, un à un, ils finissent par mourir, ne devenir que ce bout de papier.

Nous ferons un faux film de famille, pour plus tard. Et quand nous nous verrons jeunes, nous dirons « tu te souviens ? » Et ces souvenirs ne seront que des constructions, mais en se construisant, ils auront existé. La VHS créera ces souvenirs.

 

« L’idée cruelle par excellence (du corps qui m’attire) : qu’il se touche ; et avec négligence, avec un plaisir mêlé d’indifférence, qu’il passe sa main dans ses cheveux, qu’il gratte son front, qu’il puisse avoir la jouissance inconsciente de poser ses doigts sur son torse au moment de s’endormir. À cause de cela, je voudrais être la nuit, je voudrais être l’os, je voudrais être le diable. »

 

La caméra sera la nuit qui embrasse des corps. Nous ne serons pas des amants, non, des amis. Nous serons simplement des corps qui prennent soin les uns des autres, dans la tendresse de l’ombre. L’amour et l’amitié seront un même bateau. Qu’ils s’aiment à deux ou à trois. Pendant quelques minutes, le vide est conjuré. La fatigue reviendra, lancinante. « Crevé par la nuit. »

 

« Un adolescent tout gorgé de nuit. Dix heures du matin dans l’autobus : il s’est levé à la hâte pour rattraper son cours, il a enfilé un tee-shirt noir, ses fringues habituelles, jean déchiré, basket, pull épais bleu marine et a enfourné ses cahiers et ses livres dans son petit sac à dos, il n’a rien mangé, il n’a rien bu, il ne s’est pas lavé les dents et le voilà en face de moi, baillant et se frottant le coin des paupières. À chaque bâillement, c’est la nuit d’un adolescent qui s’échappe de ses lèvres craquelées. Prêt à me déposséder de tout (menteur !) pour m’abreuver de cette effluve. »

 

La vie revient par un visage. La maladie l’aurait rendu vampire. La vie revient par un garçon dans le bus, une apparition dans la rue, des boucles mal coiffées, ou une bouche rouge. La vie est dans les corps qui nous succèdent, que l’on désire et que l’on croise. Et si ce n’est qu’un regard, c’est déjà ça.

 

 

Camille Polet

 

 

Les textes en italiques sont extraits du Mausolée des Amants de Hervé Guibert.

Balance     Maison

 

Livide     Johnston

Tournage en VHS...

...photos de tournage analogiques, signées Pauline Doméjean, Charlotte-Victoire Legrain et Fabrizio Polpettini.

GenreFiction
Année2015
Durée37 min
LangueFrançais
ProjectionDCP
4:3, couleur
Mono
Sous-titresAnglais