Collectif COMET

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Les couleurs de Camille

Dans la nuit du 5 septembre 1879, Camille Doncieux, épouse du peintre Claude Monet, meurt d’un cancer. Dès le lendemain, le peintre peint un dernier portrait de celle qui fut d’abord son modèle avant de devenir sa femme et la mère de ses deux enfants.

« Lorsqu’il [Monet] contempla Camille, à l’aube sur son lit de mort, il remarqua, malgré toute sa douleur, que ses yeux percevaient, mieux que tout, les différentes colorations du jeune visage. Avant même d’avoir décidé de faire son portrait pour la dernière fois, son instinct de peintre avait vu les tonalités de bleu, de jaune, de gris jetées par la mort. Avec horreur il se sentit prisonnier de ses expériences visuelles, et compara son sort à celui de l’animal qui fait tourner la meule. »

 

Histoire de l’Impressionnisme, John Rewald, 1986

 

Festivals

Affiche GrenobleJUILLET 2018

Sélection en Compétition officielle au 41e Festival du film court en plein air de Grenoble.

 

Site du festival

 

 

 

 

 

avec

 

Alain Cheramy

Mali Van Valenberg

Christine Verdini

 

Grégoire Le Mestique

Carole Bertin

Timothée Stanculescu

Roland Brou

Raymond Duval

 

SCENARIO ET REALISATIONLana Cheramy
PRODUCTIONMaxime Roy
IMAGEJuliette Barrat
DECORSSarah Schneider
COSTUMESLuz Peña
SONMargaux Robin
Maxime Roy
MONTAGELana Cheramy
.
ASSISTANTS MISE EN SCENEBenjamin Hameury
Léo Richard
CHEF ELECTRICIENCamille Jaulent
ASSISTANTS CAMERAOlivier Calautti
Simon Feray
MAQUILLEUSEOdet Barrière
HABILLEUSEAnnie Verdini
REGISSEURSBriac Brou Musset
Kévin Gouraud
CANTINIERLoïc Tournemire
BRUITAGESAurélien Bianco
ETALONNAGEFabio Caldironi

Repérages

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Extraits du scénario

"Le visage de Claude est soudainement baigné de flammes. Il a quarante ans à peine mais en paraît vingt de plus. Les cheveux bruns, épars, sont coupés ras. Le large front, couturé de chaque côté par deux longues veines luisantes, descend abrupt comme une falaise. Sous les sourcils broussailleux, depuis le fond des cavités orbitaires, luisent deux yeux de jais. Le regard est dur comme le granit. De l’arête du nez aux coins des lèvres, deux rides profondes, un sillon creusé de larmes. La face toute entière semble taillée dans la roche. Dissimulée par une épaisse moustache, la bouche s’est figée en un rictus nerveux. Sous le masque de pierre, c’est un incendie qui gronde. Derrière les lèvres tordues, on devine les molaires serrées, contenues par les fortes mâchoires. Le peintre a l’air fauve d’un bagnard au repos. Les muscles bandés, prêt à bondir, il attend. Il sent la sueur, la fumée et la cendre."

 

"Dans un grand lit blanc, noyé sous les draps, le corps de Camille. Le cadavre pétrifié, déjà rabougri, ressemble à celui d’un enfant. Sous le bonnet de toile, quelques mèches blondes, collées au front par la sueur. Pour couvrir les épaules trop maigres, un long châle noir. Entre les petites mains osseuses, aux doigts crochus comme des brindilles, un bouquet de fleurs séchées. Déformé par la mort, le visage est méconnaissable. Il a perdu toutes ses couleurs. Sous la peau cireuse, percent les os du crâne. Tombés au fond des orbites béantes, les yeux achèvent leur rétraction. Les lèvres tirées, la bouche n’est plus qu’une fente ouverte sur les dents, trop grosses. Déshabillé de la sorte, le sourire est obscène."

 

"Les mains du peintre sont épaisses, grossies par le travail, nervurées comme les cartes fluviales. A la pointe des doigts, les ongles coupés courts sont noirs de peinture séchée. Claude retourne ses mains à plat et les contemple un instant. Les paumes sont plissées de rides, certaines sont profondes, marquent la peau comme des cicatrices. Superposant ses mains l’une sur l’autre, il les lisse avec le plat du pouce. Masse les muscles endurcis. Détend les chairs encore nerveuses."

 

"Un pinceau tremblant s’avance timidement vers la palette. Hésitant d’abord, il commence à en diluer les couleurs séchées. Puis, le tremblement s’évanouit, le geste se fait plus sûr, plus large. Comme une coulée de boue emporte un paysage, il entraîne avec lui chacune des couleurs, les confond en une seule et même traînée de peinture sombre. Le bleu tendre tourne au violet cramoisi."


Dessin 8     Dessin 12

Dessin 3     Dessin 11

 

 

Fiche technique

GenreFiction, expérimental
Année2018
Durée19 min
LangueFrançais, sans dialogue
ProjectionDCP 2K
1.85, couleur
5.1
Sous-titresAnglais